Solex électrique : un vieux compagnon qui a troqué la mobylette pour les électrons
Pour beaucoup, le mot « Solex » évoque immédiatement une odeur d’essence, un bruit de petit moteur à galet et des souvenirs de jeunesse cheveux au vent. Et pourtant, le Solex n’a pas disparu : il s’est réinventé. Aujourd’hui, son héritier moderne, c’est le Solex électrique, pensé pour la ville, mais aussi parfaitement à l’aise en balade le week-end.
Alors, simple gadget nostalgique ou vraie solution de mobilité du quotidien ? Voyons ça ensemble, sans jargon inutile, comme au comptoir d’un atelier où l’odeur de café se mélange à celle du caoutchouc neuf.
Du Solex d’antan au Solex électrique : ce qui a changé… et ce qui reste
Le Solex originel, c’était un moteur à essence posé au-dessus de la roue avant, un galet qui entraînait le pneu, et une philosophie : aller partout, avec presque rien. Pas de performance délirante, mais une simplicité quasi désarmante.
Le Solex électrique reprend cette idée de base : un deux-roues léger, accessible, pour se déplacer sans prise de tête. Les grandes lignes restent similaires :
- Une position de conduite détendue, dos droit, idéale en ville.
- Un accès facile, même en tenue de ville ou avec un sac.
- Une vitesse modérée, suffisante pour le trafic urbain.
Ce qui change, en revanche, c’est le cœur de la machine :
- Le moteur est électrique, généralement intégré dans la roue ou au niveau du pédalier.
- Le réservoir d’essence a laissé place à une batterie lithium-ion.
- Le bruit disparaît presque complètement, remplacé par un léger sifflement.
On passe donc d’un symbole de la mobilité populaire d’après-guerre à un objet parfaitement en phase avec les enjeux actuels : circulation urbaine saturée, restrictions sur les véhicules thermiques, coût du carburant, et, bien sûr, souci environnemental.
Pourquoi le Solex électrique est taillé pour la ville
Dans la jungle urbaine, ce qui compte, ce n’est pas d’avoir 100 chevaux sous la selle, c’est d’être agile, économique et simple à vivre. De ce point de vue, le Solex électrique coche beaucoup de cases.
1. Vitesse adaptée au quotidien
La plupart des modèles se situent dans la catégorie des vélos ou speed bikes à assistance électrique, voire des cyclomoteurs électriques. On parle en général d’une vitesse bridée entre 25 et 45 km/h selon la catégorie. Sur le papier, ça peut sembler peu. Sur le terrain, en ville, c’est largement suffisant pour suivre le flot, se faufiler aux feux et éviter de se retrouver avec un excès de vitesse pour quelques mètres de trop.
2. Démarrage facile et trajet sans contrainte
Pas de starter, pas de carburateur capricieux les matins d’hiver. On allume, on appuie, ça part. Pour qui a déjà poussé un vieux 2-temps récalcitrant sur 200 mètres, cette simplicité a un goût de petite victoire quotidienne.
3. Autonomie adaptée aux trajets urbains
Pour un usage principalement en ville, les autonomies proposées (souvent entre 40 et 80 km selon la batterie, le relief et le style de conduite) sont largement suffisantes. Rares sont ceux qui font 60 km de trajet domicile-travail chaque jour en Solex… Et dans la plupart des cas, une simple recharge nocturne à la maison couvre plusieurs jours de déplacements.
4. Stationnement simplifié
Le poids contenu et le format compact permettent de se garer facilement, de slalomer entre les voitures à l’arrêt (en restant dans le cadre légal, évidemment) et de trouver une place là où un scooter ou une moto auraient plus de mal. Certains modèles permettent même de retirer la batterie pour la recharger au bureau, laissant le Solex attaché dehors.
Un compagnon idéal pour les balades du week-end
On pourrait croire que le Solex électrique est cantonné aux trajets utilitaires : travail, courses, rendez-vous en ville. C’est sous-estimer son potentiel plaisir.
Sur route de campagne, à un rythme tranquille, il retrouve un peu de l’âme de son ancêtre : le temps long, la contemplation, l’envie de profiter du paysage plutôt que de l’avaler à toute vitesse. C’est l’outil parfait pour :
- Longer un canal, un fleuve ou une voie verte.
- Découvrir les petites routes entre villages sans stress.
- Initier un proche au deux-roues sans l’effrayer avec une grosse cylindrée.
L’absence de bruit moteur change aussi la manière de rouler : on entend le vent, les oiseaux, le cliquetis de la chaîne… Pour qui vient de la moto, ça peut surprendre, mais on s’y habitue vite, et ça donne une nouvelle dimension aux petites balades improvisées.
Je me souviens d’un lecteur qui m’écrivait récemment : il s’est offert un Solex électrique pour accompagner sa compagne qui roule à vélo. Lui, ancien motard, cherchait un compromis : ne pas la « semer » avec sa grosse machine, tout en gardant un peu d’assistance et de confort. Depuis, leurs dimanches ont changé : petite boucle de 40 km, pause café, retour tranquille. Son Solex électrique a remis le deux-roues au centre de leur vie de couple… sans permis A, sans cuir intégral, sans grosse cavalerie.
Réglementation : ce qu’il faut savoir avant de se lancer
Comme souvent avec les engins électriques, c’est la question qui fâche parfois : dans quelle catégorie tombe mon Solex électrique ? Vélo ? Cyclomoteur ? Scooter ?
Tout dépend des caractéristiques techniques :
- Assistance jusqu’à 25 km/h et puissance max 250 W : on est généralement dans la catégorie des VAE (vélos à assistance électrique). Pas besoin de casque homologué moto, pas d’immatriculation, pas d’assurance spécifique (même si vérifier avec son assureur reste sage).
- Assistance au-delà de 25 km/h ou accélérateur sans pédalage : on bascule vers la catégorie cyclomoteur ou scooter électrique. Là, c’est plus encadré : immatriculation, assurance, casque moto obligatoire, parfois gants homologués, âge minimum, etc.
Un Solex électrique moderne, selon sa conception, peut donc être considéré comme un vélo à assistance ou comme un cyclomoteur. Avant l’achat, mieux vaut :
- Lire attentivement la fiche technique.
- Interroger le vendeur sur la catégorie administrative.
- Vérifier les obligations : carte grise, assurance, équipements de sécurité.
Un petit tour sur le site de la sécurité routière ou chez votre assureur permet d’éviter les mauvaises surprises lors d’un contrôle routier. Croyez-moi, mieux vaut s’en occuper au calme que d’essayer de rattraper la situation au bord de la route avec un agent de police dubitatif devant un engin « entre deux mondes ».
Sécurité : le silence ne doit pas faire oublier la prudence
Le Solex électrique a cet avantage de douceur et de discrétion. Mais ce silence pose aussi un vrai enjeu de sécurité : les piétons et les automobilistes vous entendent beaucoup moins venir qu’avec un vieux 2-temps pétaradant.
Quelques réflexes simples permettent de rouler sereinement :
- Être visible : éclairage en bon état, gilet haute visibilité à portée de main pour les trajets nocturnes, vêtements contrastés.
- Anticiper davantage : en ville, réduire un peu sa vitesse à l’approche des passages piétons, des sorties de parking et des carrefours masqués.
- Adopter une conduite « lisible » : pas de zigzags entre les voitures, signalisation claire des changements de direction.
- Protéger le pilote : casque moto ou vélo selon la catégorie de l’engin, mais toujours de bonne qualité. Gants, au minimum, et si possible une veste un peu renforcée.
On est souvent tenté, avec un engin léger et silencieux, de le considérer comme un « gros vélo ». Le sol, lui, ne fait pas la différence en cas de chute. Un équipement sérieux reste votre meilleur allié, même à 25 km/h.
Entretien : simple, mais pas inexistant
Bonne nouvelle pour ceux qui ont déjà passé des heures à nettoyer des carburateurs : le Solex électrique est bien plus simple à entretenir qu’un modèle thermique. Pas de vidange moteur, pas de bougie, pas de gicleur bouché. Mais « électrique » ne veut pas dire « sans entretien » pour autant.
Sur ce type de machine, on surveille principalement :
- La batterie : éviter de la laisser déchargée longtemps, préférer des recharges régulières. Si elle est amovible, la stocker à l’abri du gel l’hiver.
- Les freins : comme n’importe quel deux-roues, plaquettes et câbles ou durites doivent être contrôlés régulièrement.
- Les pneus : la pression influe directement sur l’autonomie et la tenue de route. Un pneu sous-gonflé, c’est plus de risques et moins de kilomètres.
- La transmission : chaîne ou courroie selon les modèles. Un simple graissage ou contrôle visuel régulier suffit souvent.
Un petit passage annuel chez un professionnel (atelier vélo ou moto selon la catégorie) permet de vérifier l’installation électrique, le serrage de la visserie et l’état général. Là encore, l’objectif n’est pas de se transformer en mécano, mais de garder un engin sain, fiable et agréable à rouler.
Quel profil de motard ou d’usager pour un Solex électrique ?
On pourrait penser que le Solex électrique ne s’adresse qu’aux nostalgiques. En réalité, il touche des profils très variés :
- Le citadin fatigué de la voiture : marre des embouteillages, de tourner 20 minutes pour se garer, des PV. Le Solex électrique devient une alternative douce.
- L’ancien motard : celui qui a rendu la grosse cylindrée mais ne veut pas arrêter complètement le deux-roues. Le Solex offre une transition confortable vers une pratique plus tranquille.
- Le novice : aucun passé moto, un peu d’appréhension, mais envie de liberté sur deux-roues. Le Solex électrique, avec sa prise en main facile, est un excellent premier compagnon.
- Le voyageur « slow » : il ou elle ne cherche pas la performance, mais l’expérience. Un sac à dos, un itinéraire sur voies vertes, quelques gîtes réservés en chemin, et voilà un petit road-trip électrique original.
Ce n’est donc pas qu’un objet rétro remis au goût du jour pour faire joli sur Instagram. C’est un vrai outil de mobilité, suffisamment polyvalent pour répondre à des besoins très concrets : aller au travail, faire les courses, aller voir des amis à l’autre bout de la ville, partir en balade le dimanche.
Comment bien choisir son Solex électrique
Si l’aventure vous tente, quelques critères simples peuvent guider votre choix :
- L’usage principal : ville pure, trajets mixtes, petites campagnes ? Plus la distance est longue et vallonnée, plus il faudra une batterie de bonne capacité.
- La catégorie réglementaire : VAE à 25 km/h ou cyclomoteur électrique plus rapide ? Selon votre permis, votre assurance, et vos habitudes de circulation, le choix ne sera pas le même.
- Le poids : si vous devez monter des marches, l’entreposer dans un garage en sous-sol ou sur un balcon, quelques kilos de moins font une vraie différence.
- La disponibilité des pièces : privilégiez une marque ou un importateur sérieux, capable de fournir pièces détachées et service après-vente.
- Le confort : selle, position de conduite, suspension éventuelle. Ce qui semble supportable en boutique peut devenir agaçant après 30 km…
Ne vous limitez pas aux fiches techniques. Un essai, même court, permet souvent de sentir si le courant passe (sans mauvais jeu de mots) entre vous et la machine.
Un héritier moderne, entre patrimoine et avenir
Le Solex électrique, c’est un peu le trait d’union entre deux époques. Il garde la simplicité et la convivialité de son ancêtre tout en adoptant la technologie et les exigences de notre temps : sobriété énergétique, mobilité douce, respect des centres-villes de plus en plus réglementés.
Pour les trajets urbains, il représente une alternative crédible à la voiture, au scooter thermique ou même aux transports en commun saturés. Pour les balades du week-end, il invite à redécouvrir un autre rapport à la route : plus lent, plus attentif, plus proche du paysage.
On peut parfaitement aimer la puissance d’un gros bicylindre, le parfum huileux d’un vieux 2-temps et, en même temps, apprécier la discrétion d’un Solex électrique pour aller au marché ou s’évader sur les petites routes à 30 km de chez soi. Les deux univers ne s’opposent pas, ils se complètent.
Au fond, ce n’est pas seulement une question de watts, de kilomètres d’autonomie ou de fiches techniques. C’est une affaire de style de vie. Et là-dessus, le Solex, qu’il soit à essence ou électrique, a toujours eu un temps d’avance : rendre le deux-roues accessible, simple et convivial. L’électrique ne fait que prolonger l’histoire, avec un léger sifflement à la place du fumet d’essence.

