Dans la grande famille des petites cylindrées nerveuses, la Honda CB150R fait partie de ces motos qu’on aimerait voir plus souvent sur nos routes. Compacte, légère, bien née, elle reprend l’esprit “Neo Sports Café” qu’on connaît déjà sur les CB125R, CB300R ou CB650R, mais dans une version encore plus accessible, pensée avant tout pour l’Asie… et convoitée par pas mal de motards européens.
Si vous vous intéressez à cette petite Honda, que ce soit pour un usage urbain, un projet de préparation ou simplement par curiosité mécanique, on va faire le tour ensemble : fiche technique, comportement, ce qu’elle vaut sur la route, et surtout, comment on peut la personnaliser intelligemment.
Présentation : la philosophie de la Honda CB150R
La CB150R s’inscrit dans la lignée des roadsters modernes de Honda : design compacte, phare rond à LED, lignes tendues, réservoir musclé… À première vue, difficile de la distinguer rapidement d’une CB125R pour un œil non averti. Mais derrière, on a un bloc 149 cm³, un peu plus pointu, pensé pour les marchés où le 150 est un standard (Thaïlande, Indonésie, Inde, etc.).
Honda a clairement mis l’accent sur :
- un gabarit accessible aux débutants,
- un comportement joueur mais rassurant,
- une partie-cycle étonnamment sérieuse pour la cylindrée,
- un design soigné, presque “premium” pour une petite moto.
On est loin de la 125 basique de location de bord de mer. La CB150R, c’est plutôt le petit roadster urbain avec une vraie gueule et ce qu’il faut de technique pour se faire plaisir sans se faire peur.
Fiche technique de la Honda CB150R
Entrons dans le dur : les chiffres. Ils varient légèrement selon les années et les pays, mais on peut dresser un portrait fidèle du modèle ExMotion (la version la plus répandue).
Moteur
- Type : monocylindre 4 temps, 4 soupapes, double arbre à cames en tête (DOHC)
- Cylindrée : 149 cm³
- Refroidissement : liquide
- Alimentation : injection électronique PGM-FI
- Puissance max : environ 16,8 ch (12,4 kW) à 9 000 tr/min
- Couple max : environ 13,5–13,8 Nm à 7 000 tr/min
- Boîte de vitesses : 6 rapports
- Démarrage : électrique
Partie-cycle
- Cadre : type Diamond en acier
- Fourche : inversée (USD) de 41 mm, non réglable, d’inspiration “big bike”
- Amortisseur arrière : mono-amortisseur, bras oscillant classique en acier
- Frein avant : disque simple (≈ 296 mm), étrier radial 4 pistons
- Frein arrière : disque simple (≈ 220 mm), étrier simple piston
- ABS : oui, souvent ABS 2 canaux avec capteur de dérapage (selon version et marché)
- Roues : jantes 17 pouces en alliage
- Pneu avant : généralement 110/70 – 17
- Pneu arrière : généralement 150/60 – 17 ou 140/70 – 17 selon version
Dimensions et poids
- Poids tous pleins faits : environ 125–130 kg
- Hauteur de selle : autour de 795 mm
- Empattement : environ 1 295 mm
- Capacité du réservoir : ≈ 8–8,5 litres
Équipement
- Éclairage full LED (phare, feux, souvent clignotants selon versions)
- Tableau de bord : écran LCD complet (vitesse, compte-tours, jauge, consommation, etc.)
- Commande de frein avant avec maître-cylindre type radial (sur certaines versions)
- Finition soignée : support de plaque, sabots, caches latéraux bien intégrés, etc.
Sur le papier, on est face à une mini “grosse moto” : fourche inversée, freinage radial, ABS, look contemporain. Honda n’a pas rogné sur la présentation.
Performances et comportement sur la route
Avec moins de 17 chevaux, on reste dans l’univers des petites cylindrées. Ce n’est pas une machine pour claquer des chronos sur autoroute, mais plutôt une complice pour le quotidien et les balades tranquilles.
En ville : son terrain de jeu favori
C’est là que la CB150R montre tout son intérêt :
- Poids plume : on se faufile entre les voitures sans stress, manœuvres ultra faciles.
- Guidon large et position droite : excellente visibilité, confort dans le trafic dense.
- Moteur vif à mi-régime : les démarrages aux feux sont suffisamment francs pour ne pas se faire enfermer.
- Rayon de braquage correct : pratique pour les demi-tours, les parkings serrés.
Le monocylindre, bien équilibré, ne vibre pas de manière gênante. Honda sait y faire dans ce domaine. On peut rouler pépère à bas régime ou monter un peu dans les tours quand on a envie de s’amuser, tout en restant dans des vitesses parfaitement raisonnables.
Sur route : balade tranquille et plaisir de conduite
Sur départementales, la CB150R tient son rang. La partie-cycle rigide et la fourche inversée donnent confiance :
- Entrées de courbe stables,
- Changements d’angle rapides,
- Frein avant très progressif mais mordant quand il le faut.
On ne “tire” pas exagérément sur la moto, mais à allure légale, c’est tout simplement plaisant. C’est typiquement la machine qui donne envie d’enchaîner les petits virages, de flâner à 80–90 km/h en profitant du paysage.
Sur voie rapide : faisable, mais pas son domaine
Elle peut tenir un 100–110 km/h stabilisé, mais :
- on arrive vite dans la zone haute du compte-tours,
- la protection au vent est quasi inexistante (c’est un roadster),
- on sent que le moteur préfère nettement la ville et les petites routes.
Pour un trajet ponctuel, pourquoi pas. Pour avaler des centaines de kilomètres d’autoroute, mieux vaut passer sur une cylindrée supérieure ou une moto plus routière.
Pour qui la Honda CB150R est-elle adaptée ?
Même si elle n’est pas officiellement importée partout, son profil parle de lui-même. Elle vise :
- Les débutants qui veulent une moto légère, rassurante, sans se sentir sur un “jouet”.
- Les urbains qui veulent un véhicule au quotidien, pratique, peu gourmand (la conso tourne autour de 2,5–3 L/100 km en conduite calme).
- Les amateurs de préparation qui cherchent une base compacte et moderne pour un projet café racer, néo-rétro ou street.
- Les petits gabarits qui redoutent les motos lourdes et hautes : avec une selle sous les 800 mm et un poids plume, l’accessibilité est excellente.
Pour les détenteurs du permis A2 en Europe, elle reste un peu anecdotique sur le marché officiel, puisque les 125 sont déjà très nombreuses. Mais pour certains, ce 150 cm³ a le petit supplément d’âme “exotique” et technique qui fait la différence, notamment en import.
Les points forts et les limites à connaître
Ses atouts principaux
- Look valorisant, très proche des grosses cylindrées de la gamme Honda.
- Partie-cycle sérieuse : fourche inversée, frein avant radial, ABS (selon versions).
- Maniabilité exceptionnelle, idéale pour le quotidien.
- Moteur fiable, économique, sans prise de tête.
- Position de conduite naturelle, peu fatigante.
Ses petites limites
- Puissance modeste : ce n’est pas une moto pour les longs trajets rapides.
- Réservoir relativement petit pour les gros rouleurs (8–8,5 L).
- Disponibilité compliquée sur certains marchés, notamment en Europe.
- Offre de pièces spécifiques parfois plus orientée vers l’Asie, d’où l’intérêt d’acheter en ligne avec soin.
Une fois qu’on a ces éléments en tête, on sait exactement à quoi s’attendre : une petite moto cohérente, sans fausses promesses, mais très bien née pour son programme.
Possibilités de personnalisation : faire de la CB150R une moto unique
C’est là que beaucoup de propriétaires s’amusent. La CB150R est une excellente base de personnalisation. Son cadre nu, son look néo-sportif et son gabarit compact se prêtent parfaitement au jeu.
Personnalisation esthétique : affirmer son style
Éléments les plus fréquents à modifier
- Support de plaque : on remplace volontiers le gros support d’origine par un modèle plus court et plus discret, fixé sous la boucle arrière.
- Clignotants LED : plus compacts, ils affinent la ligne et modernisent davantage l’ensemble (quand ce n’est pas déjà en LED d’origine).
- Rétroviseurs : modèles en embout de guidon ou plus minimalistes pour dégager la vue et alléger le look.
- Leviers de frein et d’embrayage réglables : en plus du style, c’est un vrai gain de confort, surtout pour les petites mains.
- Sabot moteur, écopes, caches latéraux : des pièces anodisées ou peintes permettent de renforcer le côté sportif ou au contraire plus “classique”.
Peinture et déco
Certains n’hésitent pas à aller plus loin :
- peinture personnalisée du réservoir (bande centrale, couleurs mates, effets métallisés),
- stickers de jantes, liserés, numéros de course,
- selle bicolore ou surpiqures contrastées.
Avec une base déjà bien dessinée, quelques touches suffisent à rendre la CB150R très différente de l’origine sans forcément se lancer dans une grosse préparation.
Personnalisation pratique : confort et usages au quotidien
On peut aussi l’adapter à son usage plutôt qu’à son simple look.
- Pare-brise ou mini saute-vent : même un petit écran change nettement la donne à partir de 90 km/h en limitant la pression du vent sur le torse.
- Poignées et leviers ergonomiques : pour les trajets quotidiens, le confort des commandes est loin d’être un détail.
- Top-case ou porte-paquet : la moto est parfaite pour le quotidien ou le boulot, donc un petit top-case rigide ou un support de sac étanche a tout son sens.
- Prise USB / 12 V : pratique pour le GPS, le téléphone ou un intercom à recharger.
Ainsi équipée, la CB150R devient un “vélo à moteur” pour tous les jours, capable d’enchaîner les trajets sans souci et de rendre bien des services aux urbains.
Personnalisation dynamique : sonorité et ressenti de conduite
Ligne ou silencieux d’échappement
Sur beaucoup de petites cylindrées, l’échappement d’origine est très discret, parfois un peu trop. Changer le silencieux peut apporter :
- une sonorité plus présente,
- un léger gain de poids,
- un look plus sportif.
Attention toutefois aux réglementations locales : bruit, homologation, contrôle technique moto (là où il existe). Mieux vaut rester dans les clous pour éviter les mauvaises surprises.
Pneumatiques
Changer de pneus peut littéralement transformer le comportement :
- profil plus “sport” pour une meilleure accroche en courbe,
- pneus mixtes route/chemin si l’on roule parfois sur des routes dégradées ou des pistes.
On veille alors à respecter les dimensions d’origine ou les tolérances du constructeur pour ne pas perturber l’ABS et la géométrie.
Freinage
Le freinage est déjà très correct d’origine, mais on peut affiner :
- durites aviation pour un feeling plus franc à la poignée,
- plaquettes de meilleure qualité pour un mordant supérieur.
Ce sont des modifications simples, souvent peu coûteuses, mais très sensibles au guidon.
Préparation plus poussée : la CB150R comme base de projet
Pour certains, la CB150R n’est pas qu’un petit roadster du quotidien, mais un canevas pour un projet très personnel.
Transformation café racer ou néo-rétro
On voit régulièrement des préparations avec :
- boucle arrière raccourcie et selle monoplace,
- phare rond plus classique ou au contraire modernisé,
- guidon bracelet pour une position plus basculée vers l’avant,
- peinture sobre : noir mat, gris, vert anglais, etc.
La structure de la CB150R s’y prête plutôt bien grâce à son cadre simple et à ses proportions compactes. En revanche, dès qu’on touche à la structure (cadre, boucle arrière), on entre dans un domaine plus sensible : il faut respecter la législation, la sécurité et, idéalement, déclarer les modifications si elles sont importantes.
Optimisations moteur
On trouve en Asie des kits variés (arbres à cames, gestion électronique, voire augmentation de cylindrée). C’est un terrain de jeu pour passionnés de mécanique, mais avec des risques :
- fiabilité moindre si c’est mal fait,
- perte de garantie,
- problèmes d’homologation (puissance, pollution, bruit).
Sur ce genre de moteur, déjà fiable et bien optimisé pour la route, le plus cohérent reste souvent de se contenter d’une bonne maintenance, d’un échappement sérieux (et légal) et de carburants de qualité. On gagne plus en agrément avec une moto bien réglée et entretenue qu’avec un moteur bricolé à outrance.
Entretien et fiabilité : ce qu’il faut savoir
La CB150R est une Honda. On retrouve donc les grands classiques de la marque :
- moteur endurant s’il est entretenu correctement,
- pièces d’usure disponibles et généralement abordables,
- réseau de concessionnaires dense dans les pays où elle est officiellement vendue.
Les bonnes habitudes à garder :
- vidanges régulières avec une huile adaptée à un petit monocylindre qui tourne assez vite,
- contrôle périodique du jeu aux soupapes (important sur les petits blocs DOHC),
- vérification de la tension et de la lubrification de chaîne,
- surveillance des plaquettes et des pneus (sur les petites motos, on a tendance à tout solliciter un peu plus).
Un entretien soigné, ce n’est pas seulement une question de longévité : c’est aussi ce qui garantit que la moto garde tout son agrément et ses performances dans le temps.
En résumé : une petite moto au grand potentiel
La Honda CB150R, c’est un peu la synthèse de plusieurs envies :
- un roadster léger, joueur et rassurant,
- un look moderne qui n’a pas à rougir face aux moyennes cylindrées,
- une base idéale pour se créer une machine unique,
- un outil du quotidien économique et simple à vivre.
Si vous la croisez sur un parc moto, en concession à l’étranger ou chez un importateur, prenez le temps de vous installer dessus, de tourner autour, de regarder les détails de finition. Vous verrez qu’on n’est pas sur une petite moto au rabais, mais sur un vrai concentré de savoir-faire Honda.
Et c’est peut-être ça, au fond, le plus séduisant : une machine modeste par la cylindrée, mais qui donne envie de rouler, de bricoler un peu, de partir explorer les petites routes alentour… sans se compliquer la vie.
