BMW xcountry : essai longue durée et avis sur ce trail urbain polyvalent

BMW xcountry : essai longue durée et avis sur ce trail urbain polyvalent
BMW xcountry : essai longue durée et avis sur ce trail urbain polyvalent

Entre les trails routiers XXL et les petits utilitaires urbains sans saveur, il existe une catégorie un peu à part : les machines légères, simples, capables d’avaler du quotidien comme de s’échapper sur un chemin sans se démonter. La BMW Xcountry fait clairement partie de celles-là. Un drôle d’oiseau, produit seulement quelques années, souvent méconnu… mais qui mérite qu’on s’y attarde.

Après un usage sur la durée, mêlant trajets boulot, balades dominicales et escapades sur chemins blancs, voici un retour d’expérience sans filtre sur ce “trail urbain” aussi polyvalent qu’attachant.

BMW Xcountry : c’est quoi exactement ?

La Xcountry appartient à la courte famille des BMW G650 X (Xchallenge, Xmoto, Xcountry). C’est sans doute la plus polyvalente du lot. Elle repose sur :

  • un monocylindre 652 cm³ Rotax bien connu, déjà vu sur les F650
  • une partie-cycle légère (environ 160 kg tous pleins faits, selon version)
  • une roue avant de 19 pouces, à mi-chemin entre supermot’ et trail
  • une hauteur de selle raisonnable pour un pseudo-trail

BMW la présentait à l’époque comme un “urban country bike” : comprendre une moto pensée pour le quotidien, mais qui ne dit pas non à une piste roulante ou un petit sentier sec. Une sorte de couteau suisse à une seule lame, mais bien affûtée.

Sur le papier, ce n’est pas une bête de guerre : environ 53 ch, un réservoir riquiqui autour de 9,5 L, une protection au vent quasi inexistante. Pourtant, à l’usage, cette moto surprend par son équilibre général.

Prise en main : facile comme un 125, mais avec du coffre

La première chose qui frappe en grimpant sur la Xcountry, c’est sa légèreté. On est loin de la sensation parfois intimidante des gros trails bourrés d’électronique et de kilos superflus. Ici, tout est étroit, assez bas, presque minimaliste.

Position de conduite :

  • dos droit, guidon large, bras peu fléchis
  • selle relativement fine mais correcte pour une à deux heures de route
  • repose-pieds placés de façon naturelle, ni trop hauts ni trop en arrière

À l’arrêt, beaucoup de pilotes de taille moyenne poseront les deux pieds au sol sans stress, ce qui est un vrai plus pour les débutants ou les motards qui reprennent après une pause. Le centre de gravité bas et le poids contenu la rendent très maniable à basse vitesse : demi-tour serré, manœuvres sur parking, remontée de file… tout se fait sans transpirer.

Le bloc mono vibre, bien sûr, mais reste étonnamment civilisé. Il démarre facilement à froid comme à chaud. En ville, il reprend proprement dès les bas régimes, sans vous obliger à tricoter en permanence de la boîte.

En ville : dans son élément naturel

Le terrain de jeu favori de la Xcountry, c’est clairement l’urbain et le péri-urbain. Elle coche quasiment toutes les cases pour cette utilisation :

  • Gabarit étroit : on se faufile aisément entre les files, les rétros ne dépassent pas exagérément.
  • Guidon large : bonne maîtrise dans les évolutions lentes, et une vraie sensation de contrôle.
  • Moteur souple : suffisamment de coffre pour bondir d’un feu à l’autre, sans être brutal.
  • Rayon de braquage correct : les demi-tours se font sans drame, même dans une petite rue.
Lire  permis moto : quelle vitesse pour l'évitement ?

Les pavés, les raccords de bitume, les dos-d’âne? Absorbés avec un certain flegme par la suspension. On n’est pas sur une GS Adventure, mais largement au-dessus d’un roadster sec comme un bout de bois.

Seul vrai bémol en ville : le réservoir. Avec moins de 10 litres, l’autonomie tourne globalement autour de 200 km, selon la conduite. Pour un usage boulot-dom, ça va. Pour un gros rouleur, les passages à la pompe deviennent vite une routine. Ce n’est pas rédhibitoire, mais il faut le garder en tête si vous détestez faire le plein.

Sur route : un rythme tranquille mais efficace

Dès que l’on quitte la ville, la Xcountry dévoile un deuxième visage : celui d’une moto qui aime bien rouler, à son rythme. Ne vous attendez pas à des relances d’hypersport, mais ce n’est pas le sujet.

Sur départementales et nationales :

  • elle se cale volontiers autour de 90–110 km/h, régime où le moteur est à l’aise
  • les dépassements se préparent, mais restent très corrects en rétrogradant
  • les suspensions filtrent bien les bosses, on peut attaquer une route dégradée sans serrer les dents

La roue avant de 19 pouces apporte un bon compromis : assez de stabilité pour ne pas se sentir sur un vélo, mais suffisamment d’agilité pour se jeter d’un virage à l’autre. On peut adopter une conduite coulée, en profitant du couple, sans tirer chaque rapport au rupteur.

Sur autoroute, la Xcountry montre ses limites logiques :

  • à 130 km/h, le moteur tourne plus vite, les vibrations se font sentir
  • l’absence de protection au vent fatigue assez vite le pilote
  • la selle, correcte en usage mixte, devient moyenne sur plusieurs heures d’affilée

Est-ce qu’elle peut tenir une liaison autoroutière de 200 km ? Oui, sans problème mécanique. Est-ce que c’est agréable ? Pas vraiment, surtout avec le vent dans le torse. Disons qu’elle accepte l’autoroute, mais qu’elle n’y prend pas de plaisir… et vous non plus.

Chemins et pistes : dans sa zone de confort

Là où la Xcountry surprend agréablement, c’est en dehors du bitume. Pas question de la transformer en enduro radicale, mais sur des chemins roulants, des pistes forestières sèches ou des petites routes défoncées, elle est dans son élément.

Quelques points forts :

  • Poids contenu : quand ça glisse un peu ou que le terrain se complique, on peut rattraper la moto sans s’arracher le dos.
  • Mono volontaire : le moteur tracte bien à bas régime, pratique pour grimper en douceur.
  • Position debout acceptable : en se relevant sur les repose-pieds, on contrôle la direction sans forcer.

Les suspensions, typées “trail léger”, offrent une marge de manœuvre correcte pour encaisser ornières, cailloux et petites marches. On atteint vite leurs limites si l’on hausse sérieusement le rythme ou si le terrain devient technique, mais pour du loisir, c’est très satisfaisant.

Pour celui qui vient du tout-bitume, cette moto est rassurante : elle pardonne beaucoup, se relève facilement d’une petite faute, et permet de découvrir le off-road sans avoir l’impression de piloter une enclume.

Fiabilité et entretien sur la durée

C’est souvent la grande question sur ces machines un peu “à part” : facile à acheter d’occasion, mais que donne-t-elle après plusieurs années et milliers de kilomètres ?

Lire  c'est quoi permis A1 et A

Le cœur de la Xcountry, c’est ce fameux mono Rotax. Et de ce côté, bonne nouvelle : le bloc a fait ses preuves. Bien entretenu, il encaisse les kilomètres sans drame particulier.

Ce qui ressort d’un usage long terme :

  • Vidanges régulières : respecter les préconisations (voire un peu plus fréquent en usage intensif) est la clé. Huile propre, mono heureux.
  • Distribution : à surveiller aux kilométrages prescrits, mais pas de mauvaise réputation particulière.
  • Refroidissement : le circuit est globalement fiable, tant qu’on le vidange périodiquement.

Là où il faut être vigilant, c’est davantage sur les périphériques :

  • Électricité : comme sur beaucoup de BMW de cette époque, vérifier l’état du faisceau, des connecteurs et du régulateur de tension est une bonne habitude.
  • Suspensions : l’amortisseur arrière, s’il a beaucoup de kilomètres, peut avoir besoin d’une révision pour retrouver son efficacité.
  • Roulements : roue avant, roue arrière, colonne de direction — à contrôler régulièrement, surtout si la moto a fait pas mal de chemins.

Côté entretien courant, la Xcountry reste plutôt simple :

  • accès mécanique correct sur l’essentiel
  • mono cylindre donc une seule bougie, un seul cylindre à régler
  • consommation raisonnable, qui soulage un peu le portefeuille

Les pièces d’origine peuvent être un peu chères, BMW oblige, mais beaucoup de consommables (plaquettes, chaîne, pignons, filtres) se trouvent en adaptable à des tarifs tout à fait acceptables.

Confort et vie à bord au quotidien

Sur une moto légère et compacte, le confort est toujours un compromis. La Xcountry ne fait pas exception, mais elle s’en sort honnêtement.

Pour le pilote :

  • la selle est acceptable pour les trajets quotidiens et les balades de 1 à 2 heures
  • la position “trail” ménage les poignets et le dos
  • les vibrations du mono sont présentes, mais restent supportables tant qu’on ne passe pas des heures au même régime

Pour le passager, c’est plus nuancé. L’assise est possible, les repose-pieds existent, mais ce n’est clairement pas une moto pensée pour les longs voyages à deux. Pour dépanner, pour une petite balade autour de chez soi, oui. Pour partir en duo sur 1500 km, il faudra faire preuve de patience… ou choisir une autre monture.

Un mot sur l’équipement : avec son look épuré, la Xcountry n’embarque pas grand-chose d’origine. Pas de gros saute-vent, pas de bagagerie intégrée, pas d’arsenal électronique. Ce dépouillement participe au charme, mais impose quelques ajouts pour un usage voyage (sacoche réservoir, supports latéraux, petit pare-brise adaptable, etc.).

Consommation et budget

Côté carburant, il n’y a pas de mauvaise surprise. En usage mixte, on tourne souvent autour de 4 à 4,5 L / 100 km, parfois un peu plus si l’on roule très chargé ou très vite. Avec le petit réservoir, cela ne donne pas une autonomie monstrueuse, mais le passage à la pompe reste relativement indolore.

Le coût d’entretien dépendra beaucoup de :

  • votre capacité à faire une partie de la maintenance vous-même
  • la disponibilité de pièces d’occasion ou adaptables
  • la présence ou non d’un concessionnaire ou d’un bon mécano multi-marques à proximité

En général, une Xcountry entre de bonnes mains reste plus économique à l’usage qu’un gros twin ou qu’un quatre cylindres, surtout en ville. Les pneus, la chaîne, les freins sont moins sollicités, et le simple fait de n’avoir qu’un cylindre réduit certains coûts.

Lire  passer le permis moto : épreuves

Pour quel type de motard ?

C’est sans doute la question la plus importante. Car la Xcountry n’essaie pas de plaire à tout le monde, et c’est aussi ce qui fait son charme.

Elle conviendra particulièrement à ceux qui :

  • cherchent une moto simple, légère, sans électronique envahissante
  • roulent principalement en ville et sur routes secondaires
  • aiment l’idée de pouvoir s’aventurer sur un chemin sans changer de machine
  • privilégient l’agilité et la facilité à la puissance pure
  • veulent une moto avec du caractère, mais pas intimidante

En revanche, elle sera moins adaptée pour :

  • les gros rouleurs autoroutiers (l’absence de protection finit par user)
  • les duettistes réguliers
  • ceux qui ne jurent que par des moteurs ultra-lisses, sans vibration
  • les amateurs de long voyage avec bagages et passager à cadence élevée

Pour un jeune permis qui veut monter en gamme sans se faire peur, ou pour un motard expérimenté qui revient à l’essentiel, la Xcountry a beaucoup d’arguments. C’est aussi une bonne compagne pour celui ou celle qui veut une deuxième moto plus ludique, plus légère, en complément d’une grosse routière.

Ce qu’on aime, ce qu’on aime moins

Après un usage longue durée, les forces et faiblesses de cette BMW se dégagent assez nettement.

Ce qu’on apprécie particulièrement :

  • le poids plume et la facilité générale
  • le moteur Rotax volontaire et éprouvé
  • le vrai côté “polyvalent” : ville, route, chemins roulants
  • l’entretien relativement simple pour une BMW
  • le caractère joueur, sans être fatigant

Ce qui agace parfois :

  • le petit réservoir et l’autonomie limitée
  • la protection au vent très réduite
  • un confort passager perfectible
  • certains périphériques à surveiller avec l’âge (élec, suspensions)
  • une diffusion limitée, qui peut compliquer la recherche d’exemplaires propres

Mais au bout du compte, ces défauts sont en grande partie le revers de ses qualités : si elle pèse peu, si elle est compacte, si elle reste joueuse, c’est aussi parce qu’elle ne s’encombre pas de superflu.

Un trail urbain attachant, à apprivoiser sur la durée

La BMW Xcountry n’est pas une moto de catalogue moderne, gavée d’aides électroniques et de modes de conduite. Elle ne flatte pas forcément à la première prise en main, elle n’en met pas plein la vue avec des écrans couleur ou des lignes agressives.

En revanche, au fil des semaines et des mois, elle gagne quelque chose de plus rare : la confiance. On sait exactement ce qu’elle peut faire, jusqu’où elle peut aller, et comment elle réagit. Elle vous emmène au travail tous les matins sans broncher, puis vous propose le week-end d’aller vérifier ce qu’il y a au bout d’une piste que vous croisez depuis des années.

Pour beaucoup de motards, c’est précisément ça, la définition d’une bonne compagne de route : une machine qui donne envie de rouler souvent, partout, sans trop se poser de questions. Et sur ce terrain, la BMW Xcountry remplit très bien son contrat.